La conservation du pouvoir : Une question de vie ou de mort pour le PNDS-Tarayya

L’essence de tout Parti politique est le combat pour la conquête, la gestion du pouvoir d’Etat et, si les circonstances le permettent, sa conservation dans les délais impartis par la loi. En démocratie, contrairement aux autres régimes politiques où l’on accède au pouvoir par la naissance ou la force, c’est par des élections encadrées par la loi qu’un homme accède à ce que l’on appelle la magistrature suprême. Les élections sont libres et transparentes, le scrutin universel et secret. L’on peut dire donc que l’accession au pouvoir ainsi que l’alternance est déterminé par un jeu, le jeu démocratique où chaque acteur joue son rôle tel que défini par la loi. La majorité gouverne en mettant en oeuvre son programme de société. Quant à l’opposition, elle s’oppose par ses critiques, ses déclarations et des manifestations qu’elle peut également organiser. Ce qui, du reste, permet même à la majorité d’améliorer sa gestion. Mais, le jeu démocratique n’en est pas moins un des jeux les plus sérieux. Puisque de ce jeu dépend la vie épanouie des citoyens, puisque la politique vise la réalisation de l’intérêt général. Pour le cas de notre pays, il en est tout autrement, depuis que le PNDS-Tarayya est arrivé au pouvoir en 2011. C’était à l’occasion des élections générales organisées par la junte militaire dirigée par le Général Salou Djibo qui a mis fin aux velléités de continuité illégale de Tandja Mamadou. Rappelons que ce dernier, après deux mandats autorisés par la Constitution, s’est donné un bonus de trois (3) ans hors élection pour, disait-on, parachever ses chantiers et pour répondre à l’appel du peuple, at- il lui-même avancé. Le contexte était plus ou moins favorable pour le parti politique d’opposition de l’époque, mais pas au point de gagner des élections. Cela ne fut possible que grâce à l’appui de la juntequi, à moins de vouloir se faire harakiri, ne pouvait pas remettre, au bout d’un an, le pouvoir au Parti qu’elle a renversé, en l’occurrence le MNSD. Et, grâce aussi à l’appui du Mouvement démocratique pour une fédération africaine (MODEN-FA LUMANA-AFRICA) de Hama Amadou. Soutien qui a d’ailleurs facilité à la junte militaire cette dévolution du pouvoir d’ami à ami en 2011. Sur la base d’un contrat de donnant-donnant entre les deux parties, Mahamadou Issoufou et Salou Djibo, président de la junte militaire, apprendront, par la suite, les nigériens. Un contrat qui, bien évidemment, ne sera pas respecté, parce que Mahamadou Issoufou et le PNDS ne sont pas arrivés au pouvoir pour réaliser les belles promesses de bonne gouvernance politique et économique. Les nigériens découvriront que les camarades avaient un goût immodéré pour le pouvoir d’Etat en raison du prestige et des privilèges qu’il procure. Notamment, opportunités de s’en mettre plein les poches et d’amasser une richesse qu’ils pensaient être injustement privés par les autres. Et dieu sait que certains militants du PNDS, hommes politiques comme opérateurs économiques, sont devenus immensément riches.

C’est le cas de Mahamadou Issoufou et de presque tous les camarades du premier cercle. Il sera difficile à tout ce beau monde de justifier cette fortune colossale et insolente, acquise de façon accélérée pendant que les nigériens à qui ils ont promis la bonne gouvernance et l’efficacité de la dépense publique tirent le diable par la queue. En plus d’une prédation systématique des ressources nationales par ses militants, le PNDS-Tarayya a privilégié la politique des parents, amis, alliés et connaissances, contre les lois de la République qui criminalisent le népotisme, le favoritisme, l’ethnocentrisme. Bravant toutes les valeurs et bafouant l’accès juste des nigériens aux hautes fonctions, les camarades ont privilégié, sans honte et de façon impudique, la promotion de leurs fils et épouses, frères et beaux-frères. Le mérite et la compétence ne sont plus les critères d’accession et de promotion à la fonction publique qui, après 10 ans de gestion chaotique, est comme privatisée. C’est pourquoi, cette administration qui a été pendant longtemps au service du peuple et dont les nigériens étaient si fiers, est aujourd’hui à terre, ankylosée par l’incompétence et l’irrévérence. L’accueil y est exécrable, certains se prévalant d’un permis à faire ce qu’ils veulent à des postes immérités, ne rendant compte qu’à celui les a promus, et jamais au pauvre contribuable nigérien qui, pourtant, les paie à la fin du mois. C’est la raison pour laquelle le PNDS s’agrippe tant au pouvoir, faisant des pieds et des mains pour s’y incruster. Car, ce serait pour beaucoup de nos socialistes admirateurs un suicide que de lâcher le pouvoir. Tous les moyens sont mobilisés pour ce faire : corruption, emprisonnement des opposants politiques pour avoir le champ et le terrain politique libres, mensonges et le détournement des scrutins du peuple souverain. Les élections de 2016 où Mahamadou Issoufou, le candidat-président, était seul au deuxième tour des élections présidentielles, fait inédit dans l’histoire de la démocratie, et celles de 2021 avec ses péripéties et son hold-up grossier, montrent à suffisance que pour le PNDS-Tarayya la conservation du pouvoir est une question de vie ou de mort. Les indiscrétions de certains pontes du régime à la veille des élections de 2016 et l’activisme ridicule de l’ancien président Mahamadou Issoufou au 8ème congrès de leur parti doivent convaincre davantage que ce parti n’entend pas quitter le pouvoir. « Si nous ne remportons pas les élections, vous savez que nous irons tous en prison », laissaient entendre certains militants de premier plan du PNDS pour mobiliser leurs bases. Au 8ème congrès, le mot d’ordre était clair : l’unité ou la prison. La prison pourquoi ? Les nigériens le savent et les dirigeants du PNDS l’ont compris. Ceux qui pensent que le PNDS va organiser de lui-même des élections libres et transparentes transmettre le pouvoir de manière démocratique à quelqu’un d’autre que l’un des leurs qui va les couvrir et leur garantir l’impunité totale se mettent le doigt dans l’oeil. Mais, il est clair que la hauteur précède toujours la chute. Tôt ou tard. Et c’est cela qui leur fait peur et empêche certains d’entre eux de dormir au point de tirer sur tout ce qui bouge.

Il s’agit de tous ceux qui sont cités dans les multiples dossiers de détournements, d’enrichissement illicite manifeste, et dans des dossiers comme l’Uraniumgate, Africard, Eximbank, le don de riz pakistanais, etc. Des dossiers que les nigériens n’oublieront jamais. Hedomadaire d’informations générales et de réflexion .

Bisso

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