Coup de gueule : Ignorance ou inconscience ?

Depuis quelques jours, une vidéo devenue virale, circule sur les réseaux sociaux. Cette vidéo met en scène de dizaines de personnes, munies de bidons et d’autres fûts siphonnant le carburant que laisse s’échapper un véhicule citerne tombé à la renverse. Selon certaines sources, cette scène a eu lieu dans la région de Zinder. Cette vidéo nous rappelle avec effroi une scène similaire qui s’est passée il y a de cela quelques mois à Niamey. En effet, dans la nuit du 5 au 6 mai 2019, le renversement d’une citerne aux abords de l’aéroport international Diori Hamani a été suivi d’un violent incendie pendant que de nombreuses personnes se sont ruées sur les vannes qui déversaient le carburant. Le bilan de cette horrible soirée faisait état d’une centaine de morts dont la plupart carbonisée, des brulés graves et légers. Cet incident macabre qui a endeuillé beaucoup de familles, a plongé le pays tout entier dans l’émoi. Car de mémoire de Nigérien, jamais une telle scène, avec autant de morts, ne s’est produite sur aucune route du pays. Et que cela arrive pratiquement dans la capitale Niamey est encore plus troublant. En quelques heures seulement, les images de cette tragédie ont fait le tour du monde. Et chacun se disait, «plus jamais ça au Niger». A peine trois mois se sont écoulés depuis cette soirée cauchemardesque, que des citoyens à la mémoire courte, essayent de réécrire le même scénario durement vécu par la nation tout entière. Le spectacle offert par ces « audacieuses » personnes est assez surréel avec un fond de tentative de suicide collectif. Comment peut-on en effet braver la mort avec autant d’insouciance ? Car à l’évidence, l’hécatombe de Niamey n’avait laissé aucun Nigérien indifférent. Et une sagesse populaire nous enseigne que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Si dans ce cas précis le pire n’est pas survenu comme à Niamey, nul ne doit ignorer le danger d’une telle prise de risque. Les pouvoirs publics, les structures de défense des droits humains, les médias, et tous les acteurs de développement sont interpellés dans leur rôle d’éveil de conscience et de sensibilisation sur le danger mortel de telles attitudes.

Oumarou Moussa (onep)

29 août 2019
Source :http://www.lesahel.org/

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Société