Dualité politique : Ça s'annonce grave pour 2021 !

Dualité politique : Ça s'annonce grave pour 2021 !Les relations entre forces politiques n'ont jamais été aussi conflictuelles, aussi tendues, aussi exécrables que sous la gouvernance des socialistes qui, depuis qu'ils sont parvenus au pouvoir, n'ont joué qu'à vouloir constituer l'establishment politique du pays et dominer l'échiquier afin qu'aucun autre n'ait droit de cité sur le champ politique, et mettre tous les hommes sous leurs bottes, ?castrés? pour ne plus être biologiquement des hommes politiques afin de s'asservir et ne jamais pouvoir protester son autorité, complètement soumis et manipulables. Combien notre démocratie a souffert de ces rabaissements des hommes et des principes qui sous-tendent l'Etat de droit pour n'en révéler qu'une démocratie de pacotille et un pluralisme du louvoiement ? Jamais l'on n'a connu des relations aussi exécrables et tendues dans le pays, une telle détestation de l'autre à ne plus croire que l'adversité politique puisse justifier des haines aussi intenses et irréductibles. Depuis des mois, quand on peut observer le silence de bien d'acteurs politiques, même du camp de la majorité, consternés et dépassés par les hauteurs que pouvaient atteindre ces détestations morbides, l'on ne peut que se rendre compte du fait que bien de consciences libres ont commencé par se dégoûter des hauteurs de ces haines irrationnelles, non maîtrisables. Peut-on d'ailleurs être un homme de Dieu et porter de telles méchancetés qui débordent du cadre. humain ? Et il est n'est que dommage et regrettable de constater que ces animosités ne font que prendre de l'ampleur, repoussant chaque jour davantage les hommes les uns des autres, de leur humanité surtout, les rendant presque irréconciliables. Et l'on se demande dans cette situation de pourrissement où sont les leaders religieux, censés par leur verbe inattaquable, par leur parole saine, thérapeutique, guérir les coeurs de leur part animal, de leur cruauté bestiale ? Où est l'autorité coutumière, délégataire de la sagesse traditionnelle, pour réguler les tensions sociales dans la société ? Où sont ces braves serviteurs de l'Etat qui, après le service, dignement assuré, ont choisi de vivre paisiblement leur retraite, comprenant qu'ils ne sont pas forcément indispensables ad vitam aeternam pour se mettre à l'écart, sans jamais se mêler de politique, observant à distance la scène et ses brutalités, non sans s'indigner des comportements qui la marquent aujourd'hui, du moins depuis l'avènement de la terrible démocratie contrefaite qu'une élite sans éthique nous a imposée ? Comment peut-on comprendre leur silence quand tout va mal et que des extrémismes d'une génération de politiciens attardés et égoïstes risquent de perdre un pays ? Leur silence ne les rend-il pas complices et comptables des turbulences qui pourraient agiter le pays ?

Le climat politique s'était apaisé, depuis que la Renaissance, usant et abusant de la force, s'est débrouillée à conserver le pouvoir, on se rappelle, par des élections bancales et solitaires, orchestrées en 2021 sous la barbe de la communauté internationale muette et complice. Mais alors que les prochaines échéances approchent, les enjeux nouveaux qu'elles impliquent font sortir les partis et les hommes de leurs réserves, affutant leurs armes pour les prochaines luttes qui risquent d'être les plus brutales d'autant qu'on sait qu'elles mettent en jeu la survie même des partis politiques et des leaders politiques, mais aussi de la démocratie désormais en danger par les velléités oligarchiques et hégémoniques des socialistes. C'est le FP, le Front Patriotique, qui avait sonné l'alerte depuis des jours, en dénonçant les conditions dans lesquelles se tient le CNDP et celles dans lesquelles se poursuivent les travaux d'une CENI illégitime et controversée. Elle en a été d'autant plus à l'avant-garde qu'elle avait initié une correspondance adressée à la CEDEAO peu crédible pour certains, communauté à laquelle appartient le Niger, pour l'alerter sur les probables crises auxquelles le Niger, comme frappé d'une malédiction, pourrait faire face encore, crises dont des prémices intriguent bien d'observateurs de la scène politique nigérienne car forcément, il arrivera un moment où, les Nigériens, face aux surdités des gouvernements, se verront obligés de faire face courageusement à leur destin. Quel traitement la CEDEAO pourra réserver à cette lettre qui l'interpelle dans ses responsabilités et dans ses missions peu assumées relativement à la tenue régulière et juste d'élections transparentes dans son espace depuis qu'elle s'est rendu compte que, mal organisées, cellesci pourraient être le détonateur de graves turbulences pour être la source d'instabilité difficilement gérables et préjudiciable à la quiétude sociale ? La question est d'autant plus pertinente que présentement c'est le président nigérien qui est le président en exercice de l'organisation, mais sans que cette position conjoncturelle ne lui donne pour autant un droit de véto sur les décisions que la CEDEAO peut être amenée à prendre souverainement même lorsqu'il s'agit de sujets qui mettent en cause sa gouvernance dans son pays. Mais, il va sans dire que l'Opposition ne peut continuer à avoir une confiance aveugle à cette CEDEAO dont les missions en d'autres temps, n'ont pas convaincu, et n'ont pas pu hélas faire infléchir des régimes dans leurs positions, refusant de se soumettre à son arbitrage et à ses injonctions qui doivent pourtant s'imposer à eux dès lors que le pays a fait le choix de faire partie de la communauté en ratifiant ses différents textes ; toute chose qui ne lui donne aucune raison de s'y soustraire. Mais nos hommes politiques, sont-ils vraiment capables d'assumer et de s'assumer ? En fin de semaine dernière, c'est le plus grand regroupement de l'opposition, le FRDDR, qui rugit, sortant en fin de l'ombre avec une déclaration qui a ébranlé le ciel politique. Cela fait longtemps que les militants attendent ce réveil car pour ces derniers qui en ont ras-le-bol, il est inadmissible qu'on continue à se complaire dans ces mutismes suicidaires qui frisent la compromission et la démission d'une force politique qui, dans la réalité, pourrait être la plus importante tant que des élections transparentes sont tenues pour jauger la représentativité des partis politiques en place.

Un cri de colère…

Le FRDDR, crie enfin ses colères car, elle peut se rappeler que Bazoum Mohamed, se riant de ses mollesses présumées, pour avoir choisi en un moment l'attentisme et une sagesse qui préserve la nation et la paix intérieure en des moments aussi incertains, appelait les opposants à l'épreuve de force si tant est qu'ils croient être représentatifs dans le pays. Un homme d'Etat peut-il être aussi belliqueux ? L'heure grave de se déterminer n'a-t-elle pas sonné pour prendre sa place dans le débat en assumant les luttes que le pouvoir lui impose, décidé à ne plus donner aucune chance au dialogue dans le pays ? Cette opposition a ainsi désormais, une claire conscience des défis qui se posent à elle, et se fait une lecture clairvoyante de la situation politique du pays. C'est pourquoi, elle met au pilori de manière générale la gouvernance des camarades, et particulièrement la CENI incestueuse, la loi électorale inique, et les comportements révoltants et désobligeants d'un ministre candidat qui agit comme en territoire conquis, refusant de se conformer aux lois de la république comme si sa position de candidat du pouvoir, le mettant au-dessus des lois de la République, l'absout de toutes les dérives et de toutes les violations. Le cri est d'autant fort qu'elle vient désormais d'une voix qui, depuis qu'elle est tombée en disgrâce dans le régime, s'était mise à l'écart, sans prendre place dans le débat politique, prenant certainement le temps d'avoir plus de lumière sur la situation du pays.

Une voix forte et imposante…

C'est une voix déjà connue dans la lutte contre le Tazartché. Mue par son désir de vérité et de justice, cette voix n'a jamais voulu se mettre du côté des oppresseurs, car mettant son action politique au service des faibles et des brimés, des persécutés et des hommes bannis de leur société. Omar Hamidou dit Ladan Tchana, a été, la semaine dernière le porte-voix du FDDR, pour dire haut les récriminations qu'elle porte à l'endroit du régime et du processus électoral " alambiqué ". Et depuis, cette opposition sait qu'elle n'aura plus de répit dans le combat qu'elle vient ainsi d'annoncer, après avoir, comme ce valeureux preux qui, pour montrer à son fils, qu'ils n'ont plus la possibilité de renoncer au combat pour leur honneur, avait jeté la hache dans la maison du vaillant et craint roi de Sa'a. Le FRDDR a donc ?jeté la hache?, il lui reste à faire face au défi !

Le ministre candidat dans le viseur du FRDDR…

Bazoum Mohamed, par ses bavures verbales, s'est fait beaucoup d'adversaires sur l'échiquier, alignant les maladresses autant dans sa manière de considérer un autre, de s'adresser à lui, que de parler de lui aussi. Comment peut-on d'ailleurs plus longtemps, accepter sa position de ministre de l'intérieur et donc en même temps de ministre des élections et candidat du pouvoir aux prochaines élections qui fait de lui, juge et partie ? Faut-il comprendre, qu'il se batte à justifier qu'un autre puisse être inéligible pour se frayer un chemin qui le conduirait sans contrariété au pouvoir en 2021 ? Et bizarrement, c'est le bourreau qui semble être aujourd'hui dans le collimateur de l'opposition, l'affaire faisant l'affaire de son camp dont on dit qu'il se joue de lui et de sa candidature qu'il ne pourrait pas porter, si l'on s'en tient à certaines informations, jusqu'en 2021, des situations inconfortables, pouvant surgir pour s'offrir comme ailibi, pour aider à se débarrasser de lui : trahir un compagnon, n'étant qu'un jeu d'enfant, sous les tropiques. Et le Niger n'en sera pas au premier cas, du reste. L'étau se serre autour du candidat qui jubilait il y a quelques jours dans la région de Zinder et que l'Opposition se décide à attaquer en justice en mettant en circulation une pétition que les Nigériens - on l'imagine - seront nombreux à signer, même si du point de vue du droit, une telle démarche n'a pas chance d'aboutir étant entendu qu'aucune disposition coercitive n'existe en la matière. Une situation qui doit malgré tout préoccuper au plan moral et politique aujourd'hui le candidat quand on sait qu'au lieu d'attendre un prétexte quelconque pour se débarrasser de lui, c'est l'opposition qui donne à son régime le moyen de mettre fin à ses rêves. Après le SAMAN qui s'y était essayé en demandant au magistrat suprême de le mettre à la disposition de la justice, aujourd'hui, ce sera certainement des millions de Nigériens qui, signant la pétition, voudront qu'ils répondent de ses actes qu'il a lui-même reconnus sur les médias, avouant maladroitement qu'il ne récidivera plus, ce qui, dans le fait, ne saurait l'en exonérer. Par ce bout de corde mortel que tient le FRDDR, ligotant le candidat du pouvoir en sursis, les prochains jours risqueront d'être très difficiles pour un candidat que l'on disait déjà très mal parti, pour n'avoir pas pu rassembler autour d'elle au sein même du parti et de l'alliance.

Une CENI et une loi électorale proscrites…

L'Opposition FRDDR, comme le Front Patriotique d'Ibrahim Yacoubou, rejette carrément la CENI dans sa composition actuelle voulue par le système pour perpétrer un autre holdup électoral et ce, en mettant en marge toutes les forces politiques majeures qui pourraient faire ombrage au candidat du système. C'est pourquoi, réitérant sa position qui n'a changé d'un iota quand on sait qu'il n'y a eu aucune évolution dans le processus qui ne fait que se détériorer de jour en jour, le FRDDR rappelle que le 5 avril 2019 déjà, par Lettre n°008, elle rejetait la loi créant la CENI pour ne pas se sentir concernée par tout ce qu'elle entreprend ce d'autant plus qu'elle ne peut accorder aucun crédit à ses " activités planifiées ". Elle refuse, sabordant les traditions de consensus auxquelles la classe politique est habituée, que la Renaissance tente d'imposer aujourd'hui ses seuls choix iniques aux Nigériens lorsqu'elle refuse tout " dialogue inclusif " qui pourrait permettre d'aplanir les divergences et éviter pour le pays des élections conflictuelles et douloureuses et des turbulences inutiles dont on aurait pu faire l'économie, pour épargner les Nigériens d'épreuves difficiles. Comment peut-on s'entêter à mener une mission lorsqu'on n'est plus crédible et que l'on est l'objet de contestations profondes si l'on est pas tenu par un autre agenda à poursuivre coûte que coûte, même s'il le faut dans la division et le déchirement ? En tout cas, pour le FRDDR, boudant la CENI et ses travaux, et refusant d'y prendre place, " la rencontre dite d'information sur le processus électoral organisée par ce que le FRDDR appelle la " soi-disant CENI " n'est qu'un " non-événement ". Cela dénote des difficultés dont on ne pourra pas tenir compte dans la perspective de ces élections qui sont, visiblement, les plus controversées de l'histoire démocratique du pays. C'est pourquoi, le FRDDR, rappelle à Me. Issaka Souna qu'il n'a pas sa confiance et ne peut pour cela accorder du crédit ni à la structure qu'il dirige au forceps ni au travail qu'il prétend mener surtout lorsqu'il note qu'il n'agit que " sur instruction du gouvernement en place ", faisant ainsi de cette CENI récusée un instrument au service exclusif, quand on sait les personnalités qui la composent, du système en place décidé à perpétué son règne.

L'heure est grave : l'opinion nationale et internationale saisie !

Désormais, l'Opposition, par la voix du FP qui saisit la CEDEAO et le FRDDR qui interpelle la communauté internationale sur le drame nigérien que l'on semble abandonner dans le pourrissement, met l'opinion internationale devant ses responsabilités et les Nigériens face à l'Histoire et à leur destin de peuple libre et souverain pour savoir, chacun, s'y déterminer. Aussi, attire-t-elle " l'attention de l'opinion internationale sur les risques graves " auxquels s'exposent le pays et sa démocratie. Peut-on accepter qu'on continue à l'ignorer, si l'on doit continuer à être indifférent face à la détérioration continue d'une situation qui va de mal en pis ? Aussi, ce n'est pas que sur le processus électoral que le FRDDR est critique vis-à-vis du régime. Il profite de cette déclaration pour mettre en exergue les tares d'un système incapable de faire son mea-culpa, et de savoir raison garder. Ainsi dénonce-t-elle l'incapacité du gouvernement à " assurer la sécurité ", l'inclinaison avérée du système à faire la promotion de " la corruption devenue endémique ", et sa volonté malsaine à s'acharner à mener " le concassage des partis politiques " pour mettre à mal la cohésion nationale dont les partis constituent le socle et la fondation, son entêtement à maintenir " un code électoral non consensuel " et ce faisant à pousser à " l'agonie [le] dialogue politique " en panne depuis des années. Mais l'opposition a fini par comprendre que des déclarations ne sauraient suffire à ramener le pays sur la voie de la normalité. Et désormais, elle n'a de choix que l'action en battant le pavé pour se faire entendre par un régime sourd qui n'en fait qu'à sa tête et à sa guise. C'est pourquoi, ne pouvant se contenter que d'interpeller la communauté internationale peu réceptive, elle appelle le peuple en général et ses militants en particulier à la mobilisation générale avec une marche suivie de meeting programmée pour se tenir le dimanche 7 septembre 2019. Peut-on d'ailleurs s'attendre à des actions plus corsées face à l'immensité des défis qui se posent à elle ?

Aller plus loin dans la vision de ses combats futurs…

Il est bon de saisir la CEDEAO, mais l'opposition, comme elle l'a toujours fait lorsque la situation devient compliquée, peut aller vers d'autres partenaires, notamment l'UEMOA, l'Union Européenne entre autres pour les sensibiliser sur la situation du pays que bien d'acteurs extérieurs pourraient ne pas bien saisir. L'Opposition a donc intérêt à faire ce lobbying pour que la communauté internationale saisisse l'ampleur de la situation tragique du pays entre les mains de personnes qui, durant tout le cheminement avant d'accéder au pouvoir - et comment ? - ont toujours bataillé pour qu'autour des questions électorales, la classe politique s'entende sur le minimum avant d'y aller mais qui aujourd'hui, dans le rôle de gouvernants, mais qui aujourd'hui s'y refusent pour vouloir imposer leur dictat à tous, en dehors de toute concertation pourtant indispensable pour apaiser la démocratie et tenir des élections crédibles. De même, l'Opposition pourrait se donner les moyens de porter ses combats au-delà de la capitale pour que dans toutes les régions, où les colères et les déceptions sont perceptibles, les Nigériens se mobilisent pour occuper la rue pour traduire le ras-lebol généralisé, comme du reste, en d'autres temps, le PNDS l'avait fait avec toutes les forces vives de la nation, syndicats et société civile compris.

L'heure des nouvelles épopées a peut-être sonné…

 08 septembre 2019
Publié le 2 septembre 2019
Source : L'Actualité

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