9ème Réunion des hauts fonctionnaires chargés du commerce de la ZLECAF : Parachever les modalités pratiques pour l’opérationnalisation du marché continental

A quelques jours du lancement officiel prévu le 7 juillet 2019 de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), en marge du Sommet Extraordinaire des Chefs d‘Etat et de Gouvernements de l'Union Africaine, se tient, depuis hier matin à Niamey, la 9ème réunion des hauts fonctionnaires chargés du commerce de la zone. Ainsi, du 27 au 29 juin 2019, les travaux qu’abrite la salle de conférence de l’hôtel Radisson Blue interviennent pour parachever les modalités pratiques de l’opérationnalisation du marché continental. Cette étape fait suite au Forum de Négociation sur la finalisation des travaux sur les règles d'origine et les concessions tarifaires, qui s'est déroulé du 24 au 26 juin 2019, aussi à Niamey. Le ministre du commerce et de la promotion du secteur privé du Niger, M. Sadou Seydou, a été représenté à l’ouverture des travaux par la Secrétaire Générale de son département ministériel, Mme Zada Mariama, en présence du commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union Africaine; du représentant de la Commission Economique Afrique et des représentants des communautés économiques régionales.

« Dans quelques jours, nous allons assister au lancement de la phase opérationnelle de ce large marché avec un potentiel de croissance important. A travers ce lancement, nous allons donner un signal fort d’intégration, un signe concret du futur commun que nous souhaitons, conformément à notre agenda 2063 », s’est réjouis le commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union Africaine, M. Albert M. Muchanga. Pour lui, l’Etat du Niger témoigne aisément de l’importance qu’il accorde à ce changement, en consacrant des efforts plausibles dans l’organisation de la présente réunion et le sommet extraordinaire de l’Union Africaine que le pays abritera, en marge duquel est prévu le lancement du large marché. Le commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union Africaine salue, à cet effet, l’esprit panafricaniste du président Issoufou Mahamadou. Il rappelle que c’est ici même à Niamey que s’est tenue en juin 2017 une conclusion des modalités pour les négociations tarifaires. C’est ce qui a constitué le cadre pour le processus en cours pour la libéralisation des tarifs. Ensuite, en fin 2017, se sont terminées les négociations sur le cadre accord pour la création de la ZLECAF et les deux protocoles sur le commerce des marchandises et des services. Cela a posé les jalons d’un sommet extraordinaire le 21 mars 2018 au Rwanda, à l’occasion duquel la ZLECAF a été formellement établie. « Il n’est donc que très approprié que nous revenions à Niamey pour lancer sa phase opérationnelle et adopter la déclaration y relative », a soutenu le commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union Africaine.

Cependant, M. Albert Muchanga indique que le lancement des transactions de la zone libre échange n’interviendra qu’au 1er juillet 2020. Il faudra, dit-il, d’abord permettre aux Etats parties d’imprégner les entreprises commerciales et de finaliser et adapter des instruments opérationnels. Il s’agit également de permettre aux sociétés de production d’adapter leurs performances à la dimension désormais large et opportune que leur offre la ZLECAF, a dit M. Albert Muchanga. Toutefois, le commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union Africaine rassure que, dans quelques jours, dans nos capitales, au niveau des aéroports et à travers les médias, paraitront les signes de cette ZLECAF, la nouvelle donne du commerce panafricain.

Les résultats escomptés de la présente réunion, une fois approuvés par les ministres des Etats parties, seront transmis au sommet. « Votre devoir consiste à parachever toutes les questions en suspens et formuler des recommandations aux ministres. A leur tour, les ministres transmettront les travaux, par le biais du comité exécutif, au sommet extraordinaire pour l’inauguration », a-t-il lancé aux hauts fonctionnaires chargés du commerce des pays de la ZLECAF. Il les invite aussi à y mettre le paquet, collectivement, compte tenu du rôle important qu’ils jouent dans ce processus, notamment celui de trancher sur les points n'ayant pas fait l'objet de consensus dans le Forum de Négociation, afin que cette phase aussi importante soit couronnée de succès.

Une étape si cruciale dans la finalisation de la première phase des négociations sur la mise en place de Zone de libre-échange continentale qui, comme l’estime la SG du ministère nigérien en charge du commerce, définira le destin commun de l'Afrique. «La Zone de libre-échange continentale africaine changera structurellement la situation par l'intégration de nos économies à travers le transport, les interconnexions communautaires et énergétiques, la libéralisation de nos économies ainsi que la facilitation de la libre circulation à travers nos frontières. De ce marché intégré émergeront des opportunités qui attireront les investissements à grande échelle et la transformation structurelle. Ce qui, en retour, nous permettra d'accélérer la diversification économique, la création d'emplois, la réduction de la pauvreté et le renforcement de notre compétitivité au plan mondial », a déclaré Mme Zada Mariama, Secrétaire Générale du ministère du commerce et de la promotion du secteur privé.

Dans cette perspective, dit-elle, la tâche qui réunit les hauts fonctionnaires chargés du commerce de la zone consiste à faciliter l'adoption par les ministres africains du Commerce des dispositions restant en matière de règles d'origine ainsi que les projets d'offre d'accès au marché qui puissent convenir à chacun des Etats parties. « Les organisations intergouvernementales se renforcent lorsque l'esprit de consensus guide la prise de décision », a martelé la représentante du ministre Sadou Seydou.

Pour sa part, le représentant de la Commission Economie Afrique, M. David Luk, s’est projeté sur l’évènement tant attendu qu’est le lancement officiel de la ZLECAF. En effet, du même regard que le commissaire au commerce de l’UA, il souligne que les transactions ne pourront s’entamer comme on l’entend qu’à partir du 1er Juillet 2020. Avec ce sommet extraordinaire, lors du lancement de la zone libre-échange, le représentant de la Commission Economie Afrique, M. David Luk appelle à la déclaration politique de Niamey, de souligner à juste titre ce qui a été réalisé et aussi ce qui reste à faire, comme il a été recommandé à l’issue de la 8ème réunion d’Addis-Abeba. Il se dit aussi réjoui des succès remarquables connus par le protocole d’accord portant création de la ZLECAF et de son entrée en vigueur en marge de ce sommet. Selon le représentant de la CEA, la déclaration de Niamey doit désigner la période entre l’entrée en vigueur du protocole et le démarrage des transactions comme la transition pour la mise au point de toutes les questions pendantes et arrangement finaux.

Mahamane Chékaré Ismaël

28 juin 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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