Crise au MPR JAMHURIYA : Amadou Salifou et Hamidou Garba : les médailles de la médiocrité

 Amadou Salifou Hamidou GarbaQui ne peut se souvenir la sortie fracassante du MNSD d’Amadou Salifou et de Hamidou Garba qui avait pourtant ses entrées, selon certaines indiscrétions, à toute heure, chez Seini Oumarou, son mentor d’une époque qu’il trahissait. Et l’homme s’en vantait. Il vivait le bonheur d’être si proche du président du parti. Ils prirent effets et causes pour Albadé Abouba, alors secrétaire général du MNSD, décidés à l’accompagner dans la nouvelle odyssée politique, avec sans doute, peut-on l’imaginer, la promesse et la volonté de faire basculer l’électorat de leur ancien parti au MPR, se targuant d’une « niameyzénité » dont ils peuvent, pour être issus de quartiers fondateurs de la ville, se revendiquer légitimement. Or, la naissance en un lieu ne peut suffire à garantir une aura, une popularité dans un milieu ; encore faut-il avoir le comportement digne qui sied aux valeurs du milieu pour que des populations se reconnaissent en vous, fières de ce que vous représentez et de ce qui, caractériellement, vous distingue. Et Albadé et son parti pouvaient à juste titre espérer un anancrage honorable dans la capitale de son tout nouveau parti pour avoir eu avec lui ces deux hommes, le premier pour convaincre les hommes et les femmes de sa génération, mais aussi les grandes familles qui fondaient « Gnamey », le deuxième pour convoyer toute la jeunesse de sa génération pour vivre la nouvelle aventure.

Bluff.

Les deux hommes qui rassuraient quant à leur capacité de mobilisation dans la capitale, entraient en scène. Mais avant même de donner des preuves de leur représentativité électorale, leur discours mielleux leur donnait les faveurs du président du MPR Jamhuriya. Le premier, sans art, révélait la promesse au grand jour, avant même la concrétisation de son sacre, pour rassurer gauchement qu’il pouvait soutenir tant que le « poste juteux » qui lui avait été miroité se concrétisait. La maladresse de l’analphabète politique ne dissuada pas ceux qui lui firent discrètement la promesse de sa prochaine ascension qui lui faisait passer par la tête le bonheur immense de remplacer Hama Amadou comme s’il devrait avoir une raison de se venger d’un homme duquel, sur aucun autre plan, il ne pouvait être comparable. Ainsi, finit-il par avoir son « poste juteux » qu’il géra dans la médiocrité que l’on fait, manquant autant de charisme que de talents politiques, de verve et de finesse politique, de flegme et de tact pour ne rester là qu’à gouverner mal l’assemblée, corroborant ainsi que le système avait vraiment tort de le porter à ces sommets pour lesquels tous les talents lui manquaient.

Mais il eut son poste juteux, malmenant la langue de Molière, préoccuper à amasser ce à quoi lui donnait droit l’accident d’une promotion qui ne visait, en réalité qu’à faire mal à celui qui occupait le perchoir et qui n’avait jamais pensé que l’adversité, au-delà de tout sens de la rigueur et du sérieux, pouvait pousser à faire la promotion d’une telle médiocrité.

Que n’ont-ils pas eu pour implanter le nouveau parti dans la capitale et dans leurs quartiers ? D’abord à chacun, on concéda des postes juteux. Ainsi, le vieil homme finit par être poussé à la tête de la deuxième institution de la République, devant dans la surprise de l’histoire, président de l’Assemblée nationale, heureux de ces motards qui braillent à l’accompagner tantôt à son nouveau bureau très vaste pour lui, tantôt chez lui. Mais sans doute que pour vivre une telle chance en ce 21ème siècle, il aurait fallu être nommé Amadou Salifou, quand on sait que son niveau intellectuel ne pouvait pas le prédestiner objectivement et sensément à une telle promotion.

L’autre, fut nommé gouverneur de la région de Niamey, des pouvoirs immenses qu’on lui donnait alors, pour faire de Jamhuriya, un des partis qui comptent dans la capitale. Sauf que « le poisseux ne manque pas de trouver quelque os dans un foie ». Il ne put rien faire de ce pouvoir sinon qu’à casser des boutiques et à semer la désolation dans les familles de ceux qu’il brutalisait avec des bulldozers non sans une fierté cynique qui étonne. Oubliant le mal qu’il pouvait faire à autrui, il était incapable de s’assumer quand arrive pour lui, l’heure de la réédition des comptes. Dans le remord de ses démesures et dans les douleurs de son éviction d’une poste qu’il pensait pouvoir occuper ad vitam aeternam, il pleura gravement, inconsolable, s’humiliant à la face du monde. Même avec les gros moyens que le parti leur donnait pour conquérir l’électorat de la capitale n’avaient été d’aucun secours pour eux : ils aimaient l’argent, non la grandeur de leur parti. Ainsi, s’en servant pour d’autres usages sans doute, ils finirent par échouer dramatiquement : Amadou Salifou qui rêvait de revenir à l’assemblée nationale, finit par mordre la boue, payant ainsi à Albadé, toute la confiance trahie qu’il plaçait en lui pour le soutenir politiquement et financièrement, à se faire réélire.

Ainsi se brisent des carrières et des rêves de nouvelles grandeurs. Et les deux compères, comme Méka chez Ferdinand Oyono, au cou, gardent ces médailles de la médiocrité qui ne moirent pas depuis que la justice les avait déboutés pour aller cultiver ailleurs leur médiocrité…

ISAK

10 juin 2019
Source :  Le Nouveau Républicain

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