Session extraordinaire du Conseil national du dialogue politique sur le code électoral : L’Opposition boycotte, la Majorité valide !

 Session extraordinaire du Conseil national du dialogue politique sur le code électoral : L’Opposition boycotte, la Majorité valide ! Sur convocation du Premier ministre, le conseil national du dialogue politique s’est réuni jeudi dernier avec pour ordre du jour ‘’l’examen et l’adoption des travaux du comité ad ‘hoc chargé de réfléchir sur le code électoral et le règlement intérieur du CNDP’’. La rencontre, boycottée par le principal front des partis de l’opposition à savoir le FRDDR, a abouti à un consensus autour des dispositions contentieuses dudit code. De l’avis des participants, les conclusions de la session font une sorte de synthèse des positions de la majorité, de l’opposition et des non affiliés. Toutefois, l’opposition signe et persiste sur sa non-participation au processus en cours. Elle maintient sa position tout en posant des conditions irrecevables par le pouvoir. Va-t-elle alors sécher les élections à venir ? Probable !

La session extraordinaire du conseil national du dialogue politique s’est ténue à l’absence de l’opposition politique qui a boycotté la rencontre. Celle-ci s’est quand bien même déroulée en pré- sence des représentants des partis de la majorité, des partis non-affiliés et des grands témoins. Les acteurs politiques présents à la rencontre ont privilégié le consensus sur tous les articles qui contiennent des insuffisances. La session a permis d’entériner les propositions issues du rapport du comité ad’oh installé en octobre dernier afin de réfléchir sur la loi électorale, objet de controverses. Malgré l’absence de l’opposition qui avait annoncé son refus de participer à la session, les travaux se sont déroulés dans un climat apaisé. Les représentants de l’opposition se sont d’ailleurs retirés du comité restreint mis en place en octobre 2019 du fait d’une divergence d’approche sur un article précis du code. Néanmoins, après des heures d’échanges, les participants à la réunion du CNDP ont finalement adopté l’essentielles des propositions du comité ad ’hoc. Ce comité au sein duquel se trouvait au départ des délégués de tous les bords politiques a adopté des propositions dans le sens de trouver un consensus afin de contenter l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus électoral. En dehors de l’article 8 sur lequel la majorité a catégoriquement exprimé son refus de le modifier, arguant qu’elle n’est pas une nouvelle disposition car inscrite dans tous les codes que le pays a connu, les articles nouvellement introduits ont été amendés. Mais la veille de la réunion, le Front républicain pour la défense de la démocratie et la république, coalition des partis de l’opposition, avait annoncé son boycott dans une déclaration rendue publique. L’opposition accuse les partis membres de la Mouvance au pouvoir de manigances, de faux fuyants, de manœuvres politiciennes et autres reniements.

Pour faire simple, l’opposition estime que la majorité n’est pas disposée à chercher un consensus autour du code. Selon le FRDDR, le comité ad‘hoc mis en place pour se pencher sur le code électoral a été télé- guidé par les premiers responsables des partis de la majorité et l’attitude ambivalente de celle-ci promettant une chose aujourd’hui et agissant dans le sens contraire le lendemain, les pratiques du fait accompli de la très constatée et monopartite CENI, sont les principaux facteurs de l’échec du dialogue politique.

Dans sa déclaration, elle a également indiqué avoir toujours marqué sa bonne volonté à participer aux travaux du CNDP et à toute initiative de dialogue comme en témoignent ses réponses toujours favorables aux échanges avec les émissaires de l’Organisation Internationale de la Francophonie, des Nations Unies, sa participation loyale aux travaux du comité ad ‘hoc ainsi que les multiples courriers échangés avec le premier ministre, président du CNDP. Elle croit encore qu’un accord est possible dans la mesure où l’histoire politique récente du Niger dans son expérience démocratique rappelle, qu’à chaque fois les acteurs politiques ont su, dans leur ensemble, surmonter les écueils d’avant chaque échéance électorale.

Par ailleurs, l’opposition politique a conditionné sa participation aux travaux par l'organisation d'un dialogue inclusif en présence des témoins nationaux et internationaux, la mise en place d'un dispositif de suivi des décisions dudit dialogue avec l'accompagnement des partenaires en vue d'en assurer l'effectivité, l’adoption d’un code électoral consensuellement accepté par tous ainsi que la réhabilitation effective du CNDP comme organe d’échange et de consensus de la classe politique. Cependant, pour la majorité le FRDDR est animée de mauvaise foi car l’ensemble des dispositions qui divisent la classe politique ont été passées au peigne-fin par le comité ad’hoc. C’est cela qui a permis de trouver un consensus qui conforte les positions de tous les bords politiques. Ceci a fait dire au secrétaire permanent du Conseil national de dialogue politique, rapporteur général du comité ad hoc mis en place pour réflé- chir sur le code électoral, que la participation effective des trois groupes politiques aux travaux et le consensus obtenu sur l’essentiel des articles du code électoral est une avancée pour l’organisation d’élections crédibles. Le ministre de l’Intérieur réagissant après la rencontre a indiqué que la réunion du CNDP qui s’est déroulé dans une ambiance conviviale a permis de dénouer la prétendue crise sur le code électoral. Les débats fructueux engagés entre les participants à abouti un consensus. Il avait, il y a de cela quelques jours, annoncé que ce régime dotera le pays d’une loi électorale conforme aux standards internationaux afin de lui donner la chance d’organiser les élections les plus transparentes de l’histoire.

Il a par ailleurs invité l’opposition à s’impliquer dans le processus. Car mieux vaut tard que jamais !

03 février 2019
Source : L'Actualité

 

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