Interview

M. Mayaki Maikolanché, président de la Commission Nationale de gouvernance au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) : «Le MAEP est là pour répondre au défi du développement du continent africain, et au défi de l’intégration ; il s’agit fondMonsieur le Secrétaire Permanent du MAEP, le Conseil des Ministres du lundi 29 avril 2019 a entendu une communication du Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République relative au lancement de l’auto-évaluation du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP). Pouvez-vous nous édifier sur l’importance pour notre pays d’entrer dans la phase de lancement de l’auto-évaluation du MAEP ?

Je voudrais sincèrement vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez de parler du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs communément appelé le MAEP. Avant de répondre à votre question, je pense que quelques rappels s’imposent. Il faut dire qu’à la fin des années 90, et au début des années 2000, la situation du continent africain en terme de développement a conduit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA à adopter ce qu’on appelle aujourd’hui le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs pour faire face à certains défis auxquels est confronté le continent africain. De quoi s’agit-il et pourquoi ce mécanisme ? L’évaluation est quelque chose de courant à l’échelle des pays et des régions; la preuve tous nos pays font l’objet d’évaluation de la part de la plupart des institutions internationales telles que le FMI ou la Banque Mondiale. Donc l’évaluation en tant que telle, ce n’est pas du nouveau. Mais ici, ce sont les Chefs d’Etat et de gouvernement africains qui ont décidé que les africains procèdent à des évaluations eux-mêmes. Ces évaluations doivent permettre de mettre en place des politiques publiques, des normes et des critères en parfaite adéquation avec ce qu’on appelle aujourd’hui la gouvernance politique, la gouvernance démocratique, la gouvernance économique et la gouvernance d’entreprise. En fait il s’agit de prendre en charge la problématique de la gouvernance du pays. La deuxième chose qu’il faut rappeler, est que le MAEP est un instrument, c’est un mécanisme qui a été créé par les africains pour les africains. C’est un outil conçu par les africains pour les africains. Troisièmement, il faut noter que l’adhésion au MAEP par les Etats membres de l’UA est volontaire. Elle est libre. Aucun Etat membre de l’UA n’est obligé d’adhérer au MAEP. Et en l’occurrence il faut dire que le Président de la République du Niger a fait adhérer le Niger au MAEP en 2012. Seul le Président de la République du pays en question peut prendre la responsabilité de dire que son pays adhère au MAEP. C’est ce qu’a fait le Président de la République du Niger en 2012. Le 23 janvier 2018, le Niger a signé le protocole d’accord avec le MAEP continental et c’est à partir de ce moment que l’on peut considérer le point de départ du processus d’évaluation du Niger dans le cadre du MAEP. On peut également considérer que le 29 avril 2019 consacre le début de l’auto évaluation du Niger dans le cadre du MAEP, puisque si vous vous rappelez le 29 avril 2019, le Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République, lors du Conseil des Ministres, a fait une communication relative au lancement du processus du MAEP au Niger et sa phase d’auto- évaluation. Quand on parle de MAEP, il faut distinguer deux phases. La phase d’auto-évaluation, et la phase d’évaluation à proprement parler. La phase d’auto évaluation est une affaire nationale. Alors que l’évaluation est externe, elle est faite par des Experts africains. En réalité l’évaluation d’un pays est tributaire du résultat de l’auto évaluation du pays. Cela veut dire que l’évaluation qui sera faite par le panel d’Experts qui va être envoyé au Niger par le MAEP continental, repose sur le résultat de l’évaluation faite par les Nigériens. C’est de dire selon vous ou selon moi, ceci marche au Niger, ceci ne marche pas au Niger, en disant quelles sont les sources, et quelles sont les causes. Il ne s’agit pas de dire juste que ça ne marche pas. Mais il faut dire quelle solution vous proposez. L’idée de base c’est de permettre aux citoyens de dire ce qui marche et ce qui ne marche pas dans leur pays.

«Le MAEP est là pour répondre au défi du développement du continent africain, et au défi de l’intégration ; il s’agit fondamentalement d’améliorer le bien-être des populations africaines» M. Mayaki Maikolanché, président de la Commission Nationale de gouvernance au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP)

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