Lettre au “président de la République” Monsieur le “Président”, La tragédie nigérienne, c’est que, bien que vous ayez compromis l’embellie entrevue pour le Niger par la communauté internationale en 2011, à votre arrivée au pouvoir...

 Lettre au “président de la République” Monsieur le “Président”, La tragédie nigérienne, c’est que, bien que vous ayez compromis l’embellie entrevue pour le Niger par la communauté internationale en 2011, à votre arrivée au pouvoir, il y a encore des compatriotes qui applaudissent ce qui doit plutôt les faire pleurer.Lettre au “président de la République” Monsieur le “Président”, La tragédie nigérienne, c’est que, bien que vous ayez compromis l’embellie entrevue pour le Niger par la communauté internationale en 2011, à votre arrivée au pouvoir, il y a encore des compatriotes qui applaudissent ce qui doit plutôt les faire pleurer.
À l’heure où vous lirez ces lignes, vous avez sans doute fini de présider la cérémonie d’inauguration des nouvelles installations de l’aéroport international Diodi Hamani de Niamey. Un projet que l’on ne peut comparer à cette ferraille que vous avez fait planter le long de la route Niamey-Dosso et sur laquelle je vous avais avisé dès le départ. L’échec était attendu. Aucun de nos compatriotes, je suppose, ne peut douter de la qualité de ces nouvelles installations aéroportuaires, tant elles flattent notre égo. Comme je l’ai noté ici et là, le Nigérien n’a pas, désormais, à baisser la tête de gêne en croisant le regard hagard de ceux arrivent à Niamey par Diori Hamani. La fierté, en termes d’image, est réelle, mais ça s’arrête là. Cet ouvrage, vous l’avez fait faire en violation de la loi puisqu’en lieu des 20 ans, la durée d’amortissement des investissements fixée par l’ordonnance n°2011-07 du 16 septembre 2011 portant Régime général des contrats de Partenariat Public Privé (PPP) en République du Niger (article 11), vous avez cédé à la volonté de l’investisseur en lui concédant 30 ans de gérance.

Ainsi, le Niger devra attendre 2049 pour récupérer tous droits sur l’aéroport Diori Hamani. En concédant ces 10 ans supplémentaires à SUMA, ce sont des dizaines de milliards que vous mettez dans la sébile turque au détriment du Trésor public nigérien. Le Partenariat public privé (PPP) dont vous avez usé s’est manifestement fait de façon déséquilibrée et au détriment du Niger. Pourquoi ne vous préoccupez-vous pas tant du sort du Niger et de ce que vous allez laisser comme héritage aux générations à venir ? Certains partenariats, je ne vous apprends rien, sont des cadeaux empoisonnés pour des générations entières. L’aéroport Diori, tout comme l’hôtel Présidentiel sont de cette catégorie. Exactement comme le sont les rails de Bolloré et Gorou Banda, passés déjà au registre des vestiges d’une gouvernance catastrophique dont les petits enfants de nos petits enfants se souviendront et relayeront les échos de façon à ce qu’aucun Nigérien n’oublie, pour l’éternité, ce que le Niger est devenu entre vos mains.

Monsieur le “Président”

Vous en êtes sans doute persuadé pour avoir apprécié ma lecture de votre gouvernance depuis quelques années. Dès le départ, je vous avais dit que cela vous conduirait droit dans le mur, mais vous avez, comme à votre habitude, fait la sourde oreille. Je ne suis, donc, pas dupe de cette gouvernance aux miroirs aux alouettes où on vous exproprie de vos biens, de votre argent et de vos ressources pour vous construire des éléphants blancs avec de l’argent emprunté sur votre dos. Le peuple nigérien, pour ainsi dire, est doublement grugé. Vous lui avez pris, par le biais d’opérations douteuses tel que le prêt Eximbank de Chine et d’autres micmacs liés au pétrole, des fonds qui auraient pu lui permettre d’améliorer ses conditions de vie pour, enfin de compte, l’endetter sans limites. L’aéroport Diori Hamani, je l’ai appris, n’aurait pas dû nous coûter les yeux de la tête si vous aviez un tant soit peu écouter les conseils avisés des techniciens et experts nigériens en la matière. Cet ouvrage aurait pu être financé par l’Etat du Niger et des privés nigériens. L’option aurait eu l’avantage de ne pas provoquer l’effusion de capitaux à laquelle nous expose votre choix final. Le seul handicap dans l’option d’un projet nigéro-nigérien, c’est qu’il ne donne pas lieu à des rétro-commissions d’envergure. J’ignore la motivation qui vous a conduit à refuser cette option pleine de fierté pour le Niger.

Notre tragédie est grande. Elle est d’autant grande que, bien que vous ayez compromis l’embellie entrevue pour le Niger par la communauté internationale en 2011, à votre arrivée au pouvoir ; entrevue que Christine Lagarde a clairement exposée en vous mettant en garde contre les choix utopiques et les folies de grandeur, il y a encore des compatriotes qui applaudissent ce qui doit plutôt les faire pleurer. Je ne parle pas bien sûr de ceux qui sont payés pour faire du bruit et faire croire à un succès de votre gouvernance. Ne vous méprenez pas, vous êtes dans la même situation que tous ceux qui se sont leurrés, bourrés à bloc par la propagande de ce qu’ils aiment entendre. En toute honnêteté, vous êtes loin, très loin du succès. Je n’ai aucun doute que vous en êtes conscient.

Monsieur le “Président”

Je suis contre cette option qui fait plutôt le bonheur de la société SUMA qui, je l’ai appris, ne supporte même pas les risques. La garantie serait offerte par l’Etat du Niger. Si cela est vérifié, SUMA aurait obtenu le beurre et l’argent du beurre. Je ne voudrais pas aller à soupçonner un coup du genre « ce sont ceux qui ont vendu qui ont acheté », mais il me semble que dans cette affaire, pour un Partenariat Public privé, SUMA est bien gâtée. Elle est d’autant plus gâtée que même en 20 ans, la société turque aura engrangé plus que des bénéfices. Avec 154 millions d’euros investis dans ce projet, soit un peu plus de 100 milliards de francs CFA, SUMA n’aura aucun mal à engranger, en deux décennies, plus que le double de ce qu’elle a dépensés. Car, bon an, mal an, l’aéroport Diori Hamani dont les Turcs ont déjà révisé à la hausse les tarifs, fera sans aucun doute des recettes estimées entre16 et 18 milliards de francs CFA, ce qui fera au bout de 20 ans, entre 320 milliards et 360 milliards. Avec les 30 ans, il faut y ajouter un bonus compris entre 160 milliards et 180 milliards. Niamey bruit de rumeurs persistantes sur la double conférence UA-ZLEC que le Niger doit accueillir en début juillet. Moins d’un mois nous sépare de l’évènement, vous avez inauguré l’hôtel Radison et l’aéroport Diori Hamani, mais le bruit se propage que l’évènement risque de se tenir plutôt ailleurs que chez nous. La raison du doute, je crois, réside dans ce communiqué demandant à ceux qui auraient des villas de haut standing de bien vouloir prendre attache avec l’agence UA chargée de l’organisation. Les 44 villas prévues ne seraient pas terminées avant l’échéance. Bien qu’inauguré, l’hôtel Radison ne serait pas achevé de l’intérieur. En outre, la rénovation du Palais des congrès, finalement retenu pour accueillir l’évènement, ne sera pas non plus terminée avant. Bref, il y aurait de quoi reporter l’évènement ou le transférer ailleurs. Quoi qu’il en soit, il y a de quoi gratter pour savoir les dessous de ces projets dont les Nigériens ne savent pas grand-chose en dehors du coût global. Sur la base de ce que j’ai appris, mais que je me garde d’étaler ici, en attendant de disposer de preuves suffisantes,

Monsieur le “Président”

La double conférence UA-ZLEC constitue, je suppose, le dernier écran de fumée sur l’agenda politique dont vos compatriotes sont impatients de connaître l’épilogue. Ce n’est plus un mystère pour personne que vous n’organiserez pas d’élections locales avant votre depart. Même sur les elections SUMA est bien gâtée. Elle est d’autant plus gâtée que même en 20 ans, la société turque aura engrangé plus que des bénéfices. Avec 154 millions d’euros investis dans ce projet, soit un peu plus de 100 milliards de francs CFA, SUMA n’aura aucun mal à engranger, en deux décennies, plus que le double de ce qu’elle a dépensés. Car, bon an, mal an, l’aéroport Diori Hamani dont les Turcs ont déjà révisé à la hausse les tarifs, fera sans aucun doute des recettes estimées entre16 et 18 milliards de francs CFA, ce qui fera au bout de 20 ans, entre 320 milliards et 360 milliards. Avec les 30 ans, il faut y ajouter un bonus compris entre 160 milliards et 180 milliards. Niamey bruit de rumeurs persistantes sur la double conférence UA-ZLEC que le Niger doit accueillir en début juillet. Moins d’un mois nous sépare de l’évènement, vous avez inauguré l’hôtel Radison et l’aéroport Diori Hamani, mais le bruit se propage que l’évènement risque de se tenir plutôt ailleurs que chez nous. La raison du doute, je crois, réside dans ce communiqué demandant à ceux qui auraient des villas de haut standing de bien vouloir prendre attache avec l’agence UA chargée de l’organisation. Les 44 villas prévues ne seraient pas terminées avant l’échéance. Bien qu’inauguré, l’hôtel Radison ne serait pas achevé de l’intérieur. En outre, la rénovation du Palais des congrès, finalement retenu pour accueillir l’évènement, ne sera pas non plus terminée avant. Bref, il y aurait de quoi reporter l’évènement ou le transférer ailleurs. Quoi qu’il en soit, il y a de quoi gratter pour savoir les dessous de ces projets dont les Nigériens ne savent pas grand-chose en dehors du coût global. Sur la base de ce que j’ai appris, mais que je me garde d’étaler ici, en attendant de disposer de preuves suffisantes,

Monsieur le “Président”

La double conférence UA-ZLEC constitue, je suppose, le dernier écran de fumée sur l’agenda politique dont vos compatriotes sont impatients de connaître l’épilogue. Ce n’est plus un mystère pour personne que vous n’organiserez pas d’élections locales avant votre depart. Même sur les elections présidentielle et légsilatives, il y a des doutes sérieux. Entre le general Salou Djibo que des compatriotes disent entrevoir derrière ce tout nouveau parti politique appelé Convergence Mun sabpé Niger (C-MSN) et le minister de l’Intérieur et president du Pnds Tarayya, Mohamed Bazoum, il y a un brouillard qui s’apaissit à mesure que l’on approche des échéances. Entre les deux, se trouve votre ombre, plus imposante que jamais, obscurcissant advantage l’horizon politique des deux prochaines années. Si, les élections locales sont déjà zappées et que le fichier électoral n’est envisage qu’en juillet, avec la probabilité que le délai s’étire advantage pour cause d’impondérables provoqués à dessein, il n’est pas exclu que Me Sounna Issaka fasse une autre sortie médiatique, au cours du premier trimestre 2020, pour annoncer que des problèmes techniques indépendants de la Ceni et de l’opérateur Gemalto, rendent impossible la livraison du fichier électoral avant septembre 2020. La champagne hivernale, non propice à l’affichage des listes électorales et à la distribution des cartes électorales, est un bel alibi pour rallonger advantage ce délai de livraison. En octobre, à six mois de la fin du mandat actuel que vous exercez, il vous sera loisible d’user de vos pouvoirs pour mettre, enfin, en oeuvre, votre fameux plan “Secouer le cocotier”. Ce ne sont pas les dossiers qui manquent. C’est en ce moment, m’a expliqué un homme de réseaux, que les Nigériens comprendront à quoi sert la HALCIA.

Monsieur le “Président”

Cet épilogue éventuel de l’agenda electoral, nombre d’acteurs politiques l’ont compris et integer dans leur calepin. Albadé Abouba, dont le parti est mine par une guerrilla interne dont les auteurs sont vos conseillers, Seïni Oumarou et le Mnsd Nassara qui ne semblent pas cautioner l’évolution actuelle du processus electoral, ont leurs propres agendas. C’est dire qu’ils ne se laisseront pas plumer comme des poulets. Bientôt, vous les trouverez sur votre chemin, prêts à tout pour briser ces chaînes dans lesquelles vous voulez les maintenir. C’est une question de survie et vous verrez, ce sont eux qui font votre force, ce n’est pas l’inverse.

Mallami Boucar

19 juin 2019
Publié le 1juin 2019
Source: Le Monde d'Aujourd'hui

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