Education : Rien ne peut justifier le coût exorbitant des frais d'étude dans les écoles privées

mages/Enseignants-Contractuels-Niger-01.jpgImage d'illustration Au fur et à mesure de la multiplication exponentielle des écoles privées surtout dans la Capitale, favorisée par le désengagement croissant de l'Etat de ce secteur fondamental, on assiste à une inflation des frais d'inscription et d'études dans ces écoles. Bien que jusqu'ici, malgré tout, la qualité des enseignements- apprentissages à l'école publique reste meilleure. Il y a désormais une concurrence des plus rudes entre ces écoles en la matière sans que l'on sache exactement pourquoi, en dehors de la recherche effrénée de l'argent. On a l'impression que c'est à qui fixe le coût le lus exorbitant. Au préscolaire déjà, les frais d'inscription grimpent à 200 voire 300 cent mille FCFA. Au primaire, au collège et au lycée, il faut débourser dans certaines écoles des centaines de mille ou au-delà du million et demi.

Sans compter tous les autres besoins de l'enfant au cours de l'année scolaire : documentation, transport, et autres cours complémentaires rendus obligatoires, auxquels les parents doivent faire face. Il est vrai que le cadre de travail est plus convenable dans certains cas, la discipline nécessaire au travail plus observée, et même le couvert assuré. En plus, beaucoup de responsables de ces écoles " nouvelle formule ", recrutent comme vacataires, les enseignants du public, considérés comme les meilleurs dans leur discipline. Il y a également les facilités d'inscription dans les écoles européennes après le BAC pour les élèves ayant fréquenté certaines de ces écoles. Mais tout de même. Des millions à verser chaque année pour inscrire son enfant dans notre pays, ce n'est pas à la portée de tous. Et à regarder de près le profil de ceux qui y inscrivent leurs enfants, on comprend aisément que les fonds destinés à l'inscription ne sont pas toujours d'origine licite. En tout cas, ce n'est pas avec le salaire, même renforcé par des avantages légaux et licites, qui permet à tout ce beau monde d'inscrire deux ou trois enfants dans une école où il faut débourser un million cinq cent mille (1.500.000) ou même trois millions (3.000.000) FCFA par an. L'école, il est vrai est un droit pour l'enfant, un devoir pour la société et les parents. Tout parent veut le meilleur pour son enfant, à commencer par l'école qu'il doit fréquenter. On ne peut pas empêcher aux parents d'inscrire leurs enfants dans les écoles de leur choix, ou du choix de leur progéniture. On ne peut pas non plus empêcher l'ouverture d'écoles privées. Puisque l'école, bien que secteur vital pour une société, ne relève plus uniquement des fonctions régaliennes de l'Etat. L'Etat partage l'école, tout comme la santé et les transports, avec le privé. Néanmoins, l'Etat a le droit, et même l'obligation de voir ce qui se passe dans ces écoles privées.

Pour vérifier notamment la qualité de l'enseignement dispensé, la conformité des contenus au programme national officiel (en dehors des écoles expressément autorisées à enseigner d'autres programmes), le niveau des enseignants qui y interviennent, les volumes horaires. Et également les rubriques des frais d'études. Que couvrent les frais d'études dans ces écoles ? Les services rendus sont-ils à la hauteur des frais versés par les étudiants ? Car en vérité, il faut se poser cette question afin d'encadrer, au besoin plafonner. S'il est prévu dans les textes des facilités que l'Etat accorde aux écoles privées, notamment le terrain et autres exonérations, c'est parce qu'elles assurent, toutes privées qu'elles sont, un service public essentiel. Et c'est pourquoi elles doivent rendre compte, et surtout ne pas considérer l'école comme une vulgaire marchandise. Il est vrai que ces écoles privées sont des entreprises commerciales, détenues le plus souvent par ceux qui décident et sont chargés d'appliquer la loi, mais la recherche de l'argent ne doit nullement conduire à l'exagération aux dépens des parents et des élèves. Quels services l'enfant inscrit au préscolaire reçoit en retour de la part d'une école où les frais sont de l'ordre de trois cent mille (300.000) ? Rien ne peut justifier un tel coût. L'Etat se doit d'avoir un droit de regard aussi bien sur l'emplacement de ces écoles, les normes techniques, le niveau et les émoluments des enseignants et du personnel administratif de ces écoles, les programmes ainsi que les frais d'études en vigueur. Il y va de la qualité de l'éducation et du sérieux du système éducatif nigérien.

Bisso 

02 septembre 2019
Source :http://www.lesahel.org/

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